Les Africains d’aujourd’hui qui sont-ils ?

Les Africains d’aujourd’hui qui sont-ils ?

Deux races coexistent aujourd’hui en Afrique : la race dite « noire » et la race dite « blanche ». la race est une subdivision de l’espèce humaine. Elle est caractérisée à la fois par la couleur de la peau et par les caractéristiques morphologiques. Essayer de faire croire qu’il n’y a pas de différences entre les groupes humains sous entendu qu’il n’y a qu’une seule race, « la race humaine », ne peut être que tromperie. Un Négro-africain ne ressemble pas à Suédois !

La race négro-africaine du continent est formée par trois groupes ethnolinguistiques distincts :

  1. le groupe Nilo-Saharien : composé des populations Saharo-Sahéliennes, du Centre et Est Soudanais, Chari-Nil, Maban, Koman etc., a dû se différencier il y a 20 000 ans environ. Le phénomène se serait produit au centre du Soudan actuel. Une partie de ce groupe va s’installer dans la région du Sahara méridional vers moins 18000 ans et plus tard, dans la région des Grands lacs. Il est aujourd’hui admis que c’est dans cette région qu’apparut vers 7 500 avant J.C. le pastoralisme. Mais entre 3000 et 2 500 ans avant J.C., à cause de la sécheresse, les Nilo-Sahariens sont obligés de quitter la région. Certains prennent la direction de la Nubie et d’autres, qui constituent la majorité, se dirigent vers le Sahel.

  2. Le groupe Niger-Congo : composé de la branche ouest-africaine et de la branche bantouphone, occupe actuellement presque les 2/3 du continent. La branche occidentale va du sud de la Mauritanie jusqu’au centre-sud du Nigeria. Il évolua à partir du Proto-Soudanais et se diversifia en plusieurs groupes ethniques : les Bambaras, Dioulas, Mandés, Kwas, Krus, Mossis etc.

La branche bantouphone occupe les parties centrale et australe du continent. Elle va du Cameroun jusqu’en en Afrique du Sud ainsi qu’une partie de l’Afrique de l’Est. Les langues bantoues parlées aujourd’hui ont évolué à partir du Proto-Bantu, Langue commune à l’origine aux 800 ethnies qui composent ce groupe. Il est apparu vers moins 5000 ans en se séparant du groupe Niger-Congo. Il se scinda en deux ; les uns se dirigèrent vers l’Afrique orientale, d’autres, prirent le chemin de la forêt Equatoriale. Le terme « Bantu » qui a été utilisé pour la première fois en 1882 par le philosophe allemand Wilhem BLEEK, partait du constat que toutes les Langues parlées du Sud-Cameroun jusqu’en Afrique australe, reposaient sur des proto-préfixes communs ; à l’exemple desmots comme « muntu » pluriel  « mut » singulier (personne) ou « bantu/bato » pour désigner les gens. Selon le linguiste GREENBERG (The languages of Africa), les Langues bantoues doivent leur parenté étroite à une expansion récente (remontant à 4000 ans) à partir d’un foyer localisé entre l’Extrême-Nord du Cameroun et le Sud du Tchad. Une première migration, entamée par un petit nombre d’individus, les a amenés en savane en lisière de la forêt Equatoriale ; d’où est partie entre moins 1 200 et + 200 ans après J.C, l’expansion qui a conduit à l’étendue actuelle du groupe linguistique. L’analyse des distances biologiques qui propose un schéma d’expansion analogue, tend à démontrer que deux populations camerounaises de langues bantoues (les Basâ et les Éwondo) occupent une position centrale par rapport à la diversité biologique des groupes ethniques d’Afrique subsaharienne. Parlant d’eux, GREENBERG dit : « ils vivent en forêt, non loin de sa limite septentrionale, mais leurs traditions et leur vocabulaire témoignent qu’ils y ont migré récemment de savane ; en fait d’une région proche du foyer d’expansion localisé ; leur position biologique est centrale aussi par rapport aux autres populations de Langue bantoue. elles ont les plus faibles distances moyennes à toutes les autres… l’expansion explosive du groupe linguistique bantoue ayant nécessairement été portée par une expansion démographique, on est endroit de voir en ces Basaa et Éwondo les descendants les moins modifiés (du moins parmi les populations étudiées) des anciens habitants du foyer ».

  1. Le groupe Koïsan : il est composé de populations Koï, San, Sandawé, Hotentots, Bushmans, Pygmées etc. Tous ces groupes de populations se subdivisent eux-mêmes en plusieurs ethnies ayant sans aucun doute une souche unique, et se seraient différenciés au cours de leur expansion, sous l’action des facteurs multiples : climatiques, environnementaux, économiques et sociaux. La seule difficulté qui subsiste encore, c’est celle de connaître avec précision l’époque où la séparation s’opéra pour donner naissance aux différentes locutions actuelles.

  2. La race blanche dite « groupe Afro-Asiatique » : originaire de l’Asie proche-orientale – entre les monts de la mer Rouge et les plateaux éthiopiens – il déborde l’Afrique puisqu’il toutes les langues sémitiques (dont l’Arabe et l’Hébreu), il se subdivise en Proto-Berbère et Proto-Sémitique dont la branche du Sud a donné naissance aux Langues couchitiques. Les spécialistes situent leur genèse aux alentours de moins 18 000 ans et leur occupation des parties Nord et Est de l’Afrique commence vers moins 15 000 ans. S’agissant de l’Egypte, feu Cheick Anta DIOP nous apprend «qu’à l’exception de quelques infiltrations, datant de la fin du IVè millénaire et plus sûrement du IIIè, les leucodermes (couleur de la peau du type européen), étaient absents en Egypte et le resteront pratiquement jusqu’à moins 1300, époque de grandes invasions des peuples de la mer sous la XIXè Dynastie ».

Quant aux populations blanches d’Afrique Australe, leur installation remonte au 16è siècle de notre ère avec l’arrivée des « Boërs »hollandais, rejoints peu de temps après par les Anglais, les Français et les Allemands, occupant la région du Cap en Afrique du Sud tout en progressant peu à peu vers le Nord et en exterminant au passage, les populations Koï et San autochtones.

Les civilisations négro-africaines.

Avant l’invasion de l’Afrique par les occidentaux, le continent connaissait un type de civilisation spécifique au monde Noir et caractérisé par une « Africanité » dont les concepts de « Négritude » chez certains intellectuels francophones ou de la « Personnalité africaine » chez les Anglophones, définissent un fondement commun au-delà des contrastes et de la diversité culturelle qu’on pouvait observer ici et là.

5 000 ans environ avant J.C., plusieurs civilisations perfectionnées existaient déjà en Afrique : Nubie, Éthiopie, Tchad, Niger, Zimbabwe, dans la vallée du Nil… cette dernière, connue sous l’appellation « Civilisation égyptienne » fut l’une des plus brillantes et des plus durables – elle durera de 3 000 ans avant J.C. jusqu’à la conquête perse en 525 avant J.C. – ; elle fut, n’en déplaisent aux « négrophobes », bel et bien négro-africaine.

(Actes du colloque du Caire sur le peuplement de l’Égypte ancienne et le déchiffrement de l’Écriture méroïtique : 28 janv. – 03 fév. 1994).