L’État en Afrique

L’État en Afrique

De même, l’Afrique a connu tout au long du premier millénaire de notre ère, des formes d’États, de confédérations d’États, de royaumes et d’empires politiquement et socialement organisés : les États de Kanem-Bornou, Songhaï, Tekrour etc. (XIVè siècle) ; les confédérations Congolaise, Zimbabwéenne, Ashanti etc. (XVIIè siècle) ; les royaumes du Bénin, d’Ife (Nigeria) de Bono (Burkina Faso), du Kongo (Angola), de Luba (Katanga), de Shona (Monomotapa Afrique du Sud), de Kouba, de Lunda (XVè siècle) ; royaume de Mérina – peuple unifié au XIXè par la Reine Andrianampoinimerina (Madagascar) ; celui de Chaka, qui fut une société militaire de la Nation Zoulou (Afrique du Sud) ; les empires du Mali, des Toucouleurs (Niger) etc. existèrent entre le XIIIè et le XVIè siècles.

Toutes ces organisations sociopolitiques étaient constituées de clans lignagères, c’est-à-dire se référant aux mêmes ancêtres fondateurs et ayant une généalogie commune à l’exemple des Tiv au Nigeria, des Bemba au Congo et beaucoup d’autres groupes. De véritables Etats-Nations organisés en structures politico-administratives hiérarchisées, incorporant plusieurs millions d’individus comme au Rwanda et Shambala enTanzanie furent connus. Des empires ou fédérations d’États englobant plusieurs Etats à l’exemple du Mali ou du Congo furent prospères dès le XIè siècle.

Les rapports et les échanges sociaux étaient harmonieux, avec un fonctionnement économique assurant les échanges extérieurs par le truchement des marchés périodiques. La répartition des biens de consommation se faisait entre les familles sous le contrôle et la prééminence d’un doyen. Les échanges matrimoniaux et les obligations de parenté assuraient la circulation des biens, de services, de symboles de reconnaissance et de légitimé. Les systèmes politiques en vigueur s’articulaient autour de diverses prestations et de prélèvements de biens, nécessaires à l’entretien du pouvoir (bureaucratie et Armée). Fêtes des récoltes, initiation de jeunes (garçons et filles), alliances matrimoniales, cérémonies honorant les ancêtres, funérailles ou investiture de chefs étaient des occasions de grande communion populaire et assuraient une large cohésion sociale.

Des spécialistes reconnaissent aujourd’hui que dans l’ordre des rapports sociaux et l’organisation du pouvoir politique, l’Afrique traditionnelle s’impose par la richesse des formules auxquelles elle a su recourir. Elle constitue sans conteste le plus extraordinaire laboratoire dont puissent rêver les chercheurs en science politique. Puisqu’elle savait, avant l’arrivée des Blancs, imaginer avec beaucoup de réussite, des solutions multiples aux problèmes de gouvernement des hommes car furent nombreux et complexes, les modèles appliqués par les sociétés africaines.