L’héritage d’un long passé

L’héritage d’un long passé

Avec 30 415 000km2 (avec ses îles) de superficie, l’Afrique est un continent plus grand que les Etats Unis, l’Europe, la Chine, l’Argentine et le Mexique réunis.

Hormis les chaînes atlasiques du Maghreb, issues des secousses alpines, l’Afrique, au plan géologique, est un vieux continent. Dès l’aube de l’ère Primaire voici 400 à 500 millions d’années, la masse des terres qui la constituent étaient déjà formées en bâti rigide et stable. Elle faisait partie à cette époque d’un continent plus vaste « le Gondwana » qui englobait l’Amérique du Sud, Madagascar, l’Arabie Saoudite, l’Australie et l’Antarctique avec à son centre, l’Afrique.

A une époque plus ancienne dite « précambrienne » c’est-à-dire antérieure à 550 millions d’années de notre ère, de nombreux cycles orogéniques s’étaient déjà succédés, séparés par des phases de calme et d’érosion. La grande partie de la surface de l’Afrique n’ayant pratiquement pas cessé d’émerger, on y trouve une proportion importante de grès. Avec la fragmentation du « Gondwana » à la fin de l’ère Primaire (il y a 250 millions d’années) due à la distension et au gondolement de la croûte entraînant ainsi de multiples de la plateforme du continent, les grès les plus durs ont donné naissance à des reliefs importants : plateaux du Fouta-Djalon, de Bandiagara, de l’Adamaoua, du Hoggar, d’Atakora… mais aussi à de vastes cuvettes : Sahara, Niger, Congo Kinshasa, Kalahari. Au cours de ces ères géologiques, notamment au Secondaire ( entre 250 et 65 millions d’années avant notre époque), le démembrement du « Gondwana » s’étant produit, les mers qui bordent l’Afrique vont envahir l’intérieur du continent ; occupant le Maghreb et le Golfe de Guinée jus qu’en Méditerranée (appelé autrefois Téthys). C’est à cette époque que les dépôts de sédiments minéraux qui sont exploités aujourd’hui se sont accumulés à certains endroits : (phosphates, diamant, pétrole, bauxite, fer, cuivre et autres minerais précieux…

Mais c’est au cours de l’ère Tertiaire (moins 65 millions d’années) que les mouvements tectoniques de grande ampleur, en cassant la plaque africaine dont la composition trop rigide ne pouvant se plisser, va faire surgir de la fosse méditerranéenne, les chaînes de l’Atlas (Maroc) qui culminent à 4000 m d’altitude.

Mais c’est la partie Est du continent qui va connaître les plus grands bouleversements géologiques qui seront déterminants pour l’avenir de l’humanité ; avec l’apparition de vaste déchirures – allant de la mer Rouge au Zambèze –, certaines parties du socle vont s’effondrer, formant des « rifts » qui seront occupés par des lacs tandis que d’autres, en se soulevant, donneront naissance à de hautes montagnes. Les fractures de l’écorce terrestre ainsi crées, vont laisser remonter de laves volcaniques faisant de ces montagnes, les plus hauts sommets d’Afrique : Kilimandjaro, mont Kenya, mont Cameroun.

A cette époque, l’île de Madagascar qui connaît les mêmes turbulences, voit apparaître en son centre des plateaux surplombés par des sommets volcaniques (Ankarata, Tsaratanana) dont certains dépassent 2500 m.

L’évolution géologique du continent africain qui a débuté il y a 4 milliards d’années, est loin d’être terminée. Le phénomène volcanique y est actif (Afrique Centrale, de l’Est et océan Indien), les tremblements de terre fréquents (Afrique du Nord et région des grands lacs)… Mais surtout, comme dans le reste de la planète, l’ère quaternaire dans laquelle nous sommes depuis 1,8 millions d’années, est marquée par des variations climatiques importantes. En Afrique, à la période du grand refroidissement (entre moins 60 000 et moins 10 000 ans) succède une période chaude et humide (entre moins 10000 et moins 4 000 ans) environ, au cours de laquelle les déserts du Sahara et du Kalahari avaient beaucoup reculé, les nappes phréatiques sahariennes se reconstituer. La période sèche qui s’en est suivit depuis lors, constitue une des grandes ruptures des processus évolutifs tant au plan géographique, historique et morphogénétique, qu’à celui de la biologie et de l’économie.