Eclairage

Les causes secrètes du néocolonialisme en Afrique noire.

Après les guerres de décolonisation qui ont ensanglanté l’Afrique, du Maghreb jusqu’au Sud du Sahara, et fait des millions de morts, le continent noir n’a jamais été aussi dominé qu’il l’est aujourd’hui. Alors que la colonisation antérieure aux indépendances usait des méthodes sauvages et directes, celle de la françafrique qui lui a succédé s’avère plus pernicieuse parce que obscure et dissimulée derrière de beaux discours qui sont autant d’ornements fallacieux que de duperie. 
Si de très nombreux pays africains, anciennes colonies anglaises, espagnoles et portugaises semblent mieux se porter, il en est autrement des anciennes colonies françaises qui portent encore en eux des stigmates d’un impérialisme mesquin et toujours présent.
 
De nombreuses structures mises en place sciemment pour maintenir l’homme noir dans la sujétion essaiment en terre africaine et font même la fierté des Africains. Pour exemple, je n’en citerai que deux seulement : les confréries secrètes et la Francophonie.

– Les sociétés secrètes d’abord. 

Depuis l’introduction des religions occidentales en Afrique noire, les Africains ont assimilé l’idée que les religions traditionnelles africaines étaient des pratiques barbares, ridicules et relèvent du satanisme. Ceux qui les célébraient ne croyaient pas en Dieu et se prédestinaient, à leur mort, à l’enfer. 
Allant plus loin que le discours, les Occidentaux et, singulièrement les missionnaires, remplacèrent nos religions et croyances traditionnelles par le christianisme en particulier présenté comme seule voie du Salut. Ce qui ouvrit la voie, en terre africaine, au culte des sociétés secrètes dont la franc-maçonnerie, la Rose-croix et j’en passe. Présentées comme des mouvements philosophiques fondés sur la recherche du sens de l’existence, la culture de la fraternité et la maîtrise de soi, ces sociétés secrètes ont envahi le continent recrutant jusqu’aux enfants encore en gestation. Or, dans la pratique, les chefs qui tirent les ficelles et maîtrisent ces obscures organisations se trouvent en Occident. Les Vénérables, grands maîtres et autres Impérators sont Occidentaux, tout comme d’ailleurs les papes à la Cité du Vatican sont choisis exclusivement parmi les plus hauts dignitaires occidentaux. Les Africains ne jouent dans l’affaire que les moyens pour ne pas dire les derniers rôles. Bien entendu. Ils cotisent pour la prospérité de l’Occident. Ils obéissent aux ordres des supérieurs occidentaux. Même les chefs d’Etat ne se sentent véritablement investis qu’au terme d’une cérémonie occulte où de grands maîtres blancs viennent leur poser les mains sur la tête. Les mains qui investissent sont toujours supérieures à celles de celui qui est investi. L’Africain est-il vraiment libre ? Sera-t-il mûr un jour ? A quand l’indépendance ?
Quand on se rend compte du nombre d’Africains francs-maçons aux affaires qui font de la guerre un fonds de commerce, on est bien en droit de se poser des questions : De la RDC en Côte d’Ivoire en passant par le Tchad, la Centrafrique, le Burkina. Il n’y a d’hostilités qu’entre « frères ». Que se passe-t-il alors?
 

Ensuite la Francophonie. 

Autre coquille vide montée de toutes pièces des mains des Africains avides de plaire à l’ancien maître. Sans trop savoir si elle concourt à valoriser les cultures africaines, la francophonie érigée en structure économique pourvoyeur de fonds piétine les langues et cultures africaines avec la participation active des Africains eux-mêmes comme s’ils pouvaient être plus français que les Français en chair comme en esprit. Où sommes-nous dans tout cela ? Quelle est la part d’héritage que nous tenons de nos ascendants ? Qu’allons-nous léguer à la postérité? 
Il semble urgent de revaloriser les traditions authentiquement africaines qui regorgent d’autant d’enseignements sinon davantage que les sociétés secrètes occidentales. Les Mourides du Sénégal, les Dogons du Mali, les rites initiatiques des Mossis du Burkina, le culte Vaudou du Bénin et de la Côte d’Ivoire, le Byéri des Fang et le Buiti des Tsogo du gabon etc., ne sont-ils pas autant de trésor à revaloriser pour libérer l’Africain du joug éternel de la dépendance ?
Les intellectuels africains devraient plus que réfléchir. Ils doivent agir pour reconquérir cette indépendance toujours en devenir, jamais véritablement acquise beaucoup moins par la faute du Blanc que par la faute des Africains eux-mêmes.
Quand on examine au fond les conflits qui embrasent l’Afrique, on se rend bien compte que ni la fraternité maçonnique et encore moins francophone ne sont d’aucun secours dans la résolution des crises. Ruiné matériellement parce que dépossédé de ses matières premières, l’Africain l’est encore intellectuellement parce que fourvoyé dans des pratiques occultes qui échappent à son contrôle et le maintiennent dans l’illusion d’un bien-être ou d’une puissance qui ne sont, à la fin, qu’un leurre. Le mal de l’Afrique et des Africain est là, dans cette racine des croyances étrangères à nos systèmes sociologiques et psychologiques de pensées. Peut-être, l’indépendance passe-t-elle par-là, par le renoncement à ces rites au profit de ceux légués par nos ancêtres. Il n’est pas sage de renoncer à soi-même pour n’être que celui que l’autre voudrait que l’on soit !


Source : lepost.fr

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